Interview avec d’un blogueur français Olivier RABACHE. L’Antimaïdan d’un blogueur français.Par Violetta BACHA, blogueuse


Interview avec d’un blogueur français Olivier RABACHE. L’Antimaïdan d’un blogueur français.Par Violetta BACHA, blogueuse
Виолетта Баша
Антимайдан французского блогера.
Мое интервью с Оливье Рабашем.
( Русская версия моего интервью опубликована в газете "Правда", июль 2014, а также в электронной версии газеты "Завтра", 2014)
На русском языке интервью  прочитать можно по ссылке:

http://www.litprichal.ru/work/241111/

L’Antimaïdan d’un blogueur français.Par Violetta BACHA, blogueuse.

C’est au dirigeant du groupe « Antimaïdan France », Olivier Rabache, qu’appartient cette déclaration : « Je suis fier de la Russie, de ce qu’elle représente pour vous, pour nous tous, pour le monde entier ». On peut dire qu’il s’agit d’un avis personnel assez rare en Occident aujourd’hui. Ce n’est un secret pour personne que les USA et l’Europe se distinguent depuis longtemps par leur affection pour les doubles standards moraux. Cette caractéristique qui est la leur s’est manifestée d’une façon particulièrement visible, dès le début de la crise en Ukraine, laquelle, à en croire le collaborateur de la secrétaire d’état des USA pour les affaires d’Europe et d’Asie, Victoria Nuland, avait bien été planifiée depuis longtemps et financée à hauteur de 5 milliards de dollars.
Dans l’opération de la prise du pouvoir, en Ukraine, par les gouvernants pro américains actuels, on utilise cyniquement des forces d’extrême droite du genre de la centurie de Maïdan et de « Secteur droit ». Les hypocrites occidentaux ont oublié le droit international et ferment même pudiquement les yeux sur les héritiers idéologiques de Bandera et de Choukhevytch. Quand au blocus médiatique d’aujourd’hui, l’histoire de l’Europe et des USA n’en avait encore, semble-t-il, jamais rien connu de tel. Et tout ce système a commencé, de façon inattendue, à être détruit par… Internet. Ou plus exactement, par la blogosphère. Actuellement, par exemple, fonctionnent sur Facebook environ 80 groupes « Antimaïdan », y compris quelques groupes internationaux. Ils mènent spécialement une lutte médiatique contre le fascisme en Ukraine et répandent la vérité sur la situation dans le pays pour l’auditoire ciblé de l’Europe et des USA. Ces groupes coopèrent avec nous, les blogueurs russes. L’un des plus actifs est « Antimaïdan France ». Il compte environ 1250 personnes [en mai 2014, aujourd′hui le triple]. Son fondateur, Olivier Rabache, n’est pas membre du Parti communiste français (PCF), mais il est partisan convaincu des idées communistes. Parmi les ancêtres d’Olivier, il y avait des marxistes, des socialistes, des représentants d’autres mouvements de gauche. Son cousin, Marcel Rabache, était l’un des héros du mouvement de résistance antifasciste en France. La ville de Tours lui a consacré une rue et une plaque commémorative.

- Olivier, combien d′efforts ne dépenses-tu pas à essayer de briser l′omerta médiatique ! et tu donnes de l’information fraîche sur l’Ukraine, parfois avant les blogueurs russes. Tes convictions communistes et antifascistes sont-ils l’héritage d’une tradition familiale ?

- Aucunement, ma famille proche est plutôt catholique et gaulliste. Même Marcel Rabache était loin d′être communiste, comme on le comprenait dans la France des années 1920. Il était simplement marxiste et républicain convaincu. Marcel Rabache était un instituteur, un de ces soldats du savoir, comme on les appelait, ou des ces « hussards noirs de la république ». Il était opposé au catholicisme et aux enseignants religieux. C’était un républicain, un socialiste et un anticlérical. Marcel a péri dans un camp de concentration allemand. Je suis devenu un partisan du communisme, si paradoxal que cela puisse sembler, à la suite de la chute du mur de Berlin. Jusqu’alors, je considérais que le système de l’Est était mauvais, « totalitaire », et que le système occidental, lui, était le meilleur des mondes possible. J’ai compris peu à peu qu′il n′en était rien.

- Quelle est-elle, ta France ?

- Ma France ? Notre Grande Guerre de 1914-1918 continue à vivre en moi. Quand j’étais encore tout petit, je connaissais d’anciens combattants français du front et des gens qui les connaissaient. Je me représentais concrètement tous ces villages dévastés, au vu des listes sur les monuments aux morts. C’était parfois des villages fantômes, où personne ne vivait plus depuis longtemps. La violence de la révolution industrielle me hantait également. Ma famille est native de la région minière du nord de la France, comparable à votre Donbass. C’est encore aujourd’hui une région où la classe ouvrière est très développée. J’ai aussi observé la fin du monde paysan, et les paysans français étaient des gens magnifiques. Les soldats, les ouvriers, les paysans… Voici pourquoi la révolution soviétique et la Grande Guerre patriotique me touchent tellement.

- Tu es de formation historienne, et voyage librement à travers les époques. Où allons-nous tous ? On dit que ce même Maïdan en Ukraine a été le fait d’adolescents, que l’on a surnommé ainsi : les «voyons-ce-sont-des-enfants ». Quel est l’avenir qui nous attend ?

- De nombreux conservateurs haïssent l′esprit des nouvelles générations, produit de la société de consommation et de l’individualisme. Mais je ne suis ni avec les conservateurs ni avec les libéraux. Certains païens de la fin de l’empire romain voyaient parfois dans les chrétiens une force subversive dans le genre du Maïdan. Mais la Russie résiste. Moscou est la troisième Rome, et la partie occidentale de l’Europe apporte une importante contribution à cet énorme continent.C’est vraiment bien que la Russie s’oppose à l’absurdité du monde occidental. Mais je considère que l’Europe occidentale et l’Eurasie, sans se confondre, se complètent. Nous sommes unis par la culture. Que serait l’Europe sans Pouchkine, Tchekhov, Dostoïevski, Tolstoï, les grands poètes russes, ce même Maïakovski ? C’est pourquoi je crois fermement en l’idée communiste, dans un communisme qui unit les peuples.

- Au cours du travail collectif de votre groupe de blogueurs, tu as dit que c’est parmi les forces de gauche, en France, qu’il y a le plus de partisans du Maïdan. Quelle en est la cause ? Il semblerait pourtant que la gauche, en Europe, a toujours été antifasciste…

- La gauche connaît aujourd′hui en France une crise idéologique grave. Et elle n’est pas homogène. Au 20e siècle, la gauche en France reposait sur le mouvement ouvrier. Avant d’occuper une très importante position, elle a subi deux effondrements, deux crises. La première était le plan Marshall de 1946. L’aide des USA à la reconstruction de la société française a implanté le culte de la consommation et les valeurs du marché. La deuxième crise se produisit en 1968, la révolution culturelle dans le domaine des mœurs. La Russie n’a pas connu l’expérience d’une telle révolution.

- La révolution des hippies, les émeutes étudiantes ?

- Pas seulement. Il ne faut pas étudier les grèves générales. La révolution de 1968 était à la fois estudiantine et ouvrière, le Maïdan et le Donbass, deux aspects contradictoires : libéral et ouvrier.

- Qu’est-il advenu de ce mouvement ouvrier, en France, par la suite ?

- La gauche française a abandonné la classe ouvrière, pour se rapprocher des fonctionnaires et de la « classe moyenne ». Naturellement, il ne faut pas s′étonner que la classe ouvrière ait quitté la gauche.

- Qu’écrit le journal « l’Humanité » sur l’Ukraine ?

- Il témoigne sa solidarité avec le Parti communiste d′Ukraine (KPU). L’Humanité regrette que les libéraux soient devenus l’étendard de la liberté qu’ils ont perçu dans le Maïdan, mais considère que le plus grand danger, ce sont les oligarques, soutenus hier par les régimes de Ianoukovytch et de Poutine, aujourd′hui par le nouveau pouvoir soutenu par l′Occident.

- La junte de Kiev a été portée au pouvoir par les baïonnettes des nazis, mais la gauche française ne le comprend pas ?

- Une partie des membres du PCF sont d’accord avec moi. Il est intéressant que le Parti de gauche (PG), son allié, commence à évoluer sur la question du Maïdan. Mais la question la plus intéressante : pourquoi moi, Français, suis-je devenu un combattant idéologique de l’Antimaïdan ?Je suis fier de la Russie, de ce qu’elle représente pour vous, pour nous tous, pour le monde entier…Je voudrais transmettre mes sentiments les plus chaleureux au Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) et à ses militants.

Violetta BACHA
Traduction - Laurence Guillon



Рубрика произведения: Разное -> Политика
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Опубликовано: 02.09.2016 в 22:18
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